20/03/2012

Poésie : Edmundo TORREJON

Voici un poème extrait du prochain ouvrage de l'écrivain et poète bolivien Edmundo TORREJON.


ADRESSE A TON BLASON (x)

 

ADRESSE À TON BLASON

À Sergio Bernardo

Fils,

Lorsque vers l’orbe

S’élance ta trajectoire

Et que tu sors de cette oasis,

Coins d’esprit et de feu,

Mot d’ordre véhément

Que j’ai intaillé dans la tablette de ton destin :

Avant tout, sois libre !

Ignore toute loi

Qui voudrait t’ancrer

À la petitesse de qui que ce soit.

 

Trouve toujours, homme de haute lignée,

Découvre dans la rivière subtile du désespoir

L’aurore de ta propre paix,

Saisis, en elle, ta vérité !

La dureté de la roche est perpétuelle

Jusqu’à ce que le génie de l’homme

Ne façonne ses soubassements.

Oppose toujours le cours

Des tes pas discrets

À l’ineptie éternelle

Des chuchotis prudents.

 

Sers-toi des mots

En brandissant la Croix :

Le dogme et les rites

Ne sont que contingences,

Le sable au fond de l’océan.

 

Trouve ta consolation

Sur le pupitre où se fait

Le profond labeur des sens

Et tu verras arriver le temps

Où tu deviendras gardien des bannières.

 

Inscris en toi l’âpre réalité

Tout en te rappelant sans cesse

Qu’en dépit des axiomes

Et des théorèmes des sophistes,

Il y aura toujours du blé

Pour que les glaneurs en puissent profiter,

Il y aura toujours des enfants pour boire

À l’éternité d’un sein.

Et lorsque le pain quotidien
Se transformera en mystère
Pour les multitudes,
Et qu’il sera, au contraire, pour certains
Un simple phénomène
Superficiel et absurde,
Remercie, en vrai homme,
D’avoir été convié
À la table rustique des délaissés.

Domine l’homme factice,

Demeure ouverte à tous vents,

Agrestes successions de signes intérieurs,

Et tes semailles t’apporteront

Le fruit sempiternel

De la parole totale.

 

Lorsque le tarot du triomphe

Cherchera à t’interroger,

Attrape sa cabale dans tes filets

Et mets-la sous le sceau de la Bible

De l’humble labeur.

 

Fuis hors des limites

Absurdes et insatiables,

Peut-être le péché

Capital de l’homme

A-t-il été

De poser une limite à son pain et à ses besaces.

 

Attrape les desseins

Que portent les mélodies du vent,

Le vent qui n’est jamais pareil,

Le vent qui n’est pas même semblable à lui-même,

Et ne marque jamais le même jour sur aucun calendrier.

 

Et lorsque le temps ne sera

Qu’à peine un arpège

De ventres en puissance,

Demande aux ceps

La vie,

Le chant fragile,

Le pas substantiel

L’union des bras !

 

Acclame le syllabaire

De la lettre bien écrite,

Fais éclater les dimensions fondamentales

Dans la mer d’un chant

Qui justifie l’homme.

 

Et lorsque, à la fin des temps,

Tu trouveras le Graal,

Acmé de l’idéal,

Nulle mélodie

N’aura le pouvoir de contenir

La force de tes voix intérieures.

Edmundo Torrejón Jurado**

Paris, juin 1986

Adapté en français par Athanase Vantchev de Thracy

Texte relu par Marc Galan

* Premier Prix du Concours latino-américain de Poésie, fondation Givré, Buenos Aires,

Argentine (1989)

* Grand Prix International Solenzara de Poésie, Paris, France 1989)

TERTULIA A TU BLASÓN (x)

Para Sergio Bernardo

Hijo

cuando al orbe

eche a andar tu cause

y zarpes de éste oasis:

-Espigones de espíritu y de fuego-,

vehemente raciocinio

que esculpí en tu sino:

¡Sé ante todo libre!

Ignora todo código

que pretenda anclarte

a la pequeñez de nadie.

Encuentra aún, gentil,

en el río sutil de las desesperanzas

la aurora de tu paz

y siempre tus verdades.

(El temple de la roca es inmortal

hasta que el hombre-genio

modela sus estirpes)

Objeta siempre el cause

de los discretos pasos

y la ineptitud eterna

de los susurros cautos.

Esgrime las palabras

con la Cruz de frente;

el dogma y el ritual

son sólo circunstancias:

¡La arena del océano!...

Encuentra tu solaz

sobre el pupitre

del profundo quehacer de los sentidos

y heredarás un tiempo

de cobijar banderas.

Registra el agrio cálculo

recordando siempre

que a pesar del axioma

-teorema del sofisma-

habrá perpetuo trigo

espigando sus dones

y habrá niños bebiendo

la eternidad de un pecho.

Y cuando el sordo pan

se transmigre en misterio

para las muchedumbres

y para algunos sea

tal vez un simple acaso

superficial y absurdo,

agradece varón

por ser un convidado

¡en la rústica mesa de los desamparados!.

Habita el hombre-artífice

-mansiones sin frontera-

-agreste sucesión de signos interiores-

y tu siembra traerá

el fruto sempiterno

de la palabra plena.

Cuando el tarot del triunfo

pretenda interrogarte,

pesca la cábala en tus redes

y séllala en la Biblia

del labrar sencillo.

Huye de los límites

absurdos, insaciables;

tal vez fue el pecado

capital del hombre

poner límite a su pan y sus alforjas.

Atrapa los designios

en las arias del viento

que nunca es igual

ni siquiera a sí mismo

ni marca el mismo día en ningún calendario.

Y cuando el tiempo sea

apenas un arpegio

de vientres en potencia,

reclama de las vides:

la vida,

el canto frágil,

el paso substancial,

¡La alianza de los brazos!...

Aclama el silabario

de la letra estricta

y estalla tu crucial envergadura

en el mar de algún canto

que justifique el hombre.

Y cuando al final del tiempo

encuentres el Grial,

la vera del ideal:

¡Ninguna melodía

habrá de sofrenar

tus voces interiores!...

París, junio de 1986

Edmundo Torrejón Jurado

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x) Primer Premio, Concurso Latinoamericano de Poesía

“Fundación Givré”.

Buenos Aires (Argentina) (1989)

x) Premio “Solenzara de Poesía 2011”

París - Francia

 

 

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